Installé au sein du musée d’Aquitaine, le musée Goupil est une enclave dédiée à l’industrie de l’œuvre
d’art. Au XIXème siècle, la maison Goupil diffusait des milliers de gravures et de photographies dans le monde entier. Elles étaient alors distribuées par de nombreux marchands implantées sur
tout le territoire. L’un d’entre eux, Vincent Imberti, bordelais d’origine italienne, racheta le fonds et le ramena à Bordeaux. En 1991 suite au leg de la famille Imberti , le musée Goupil
est crée à Bordeaux.
Il nous présente en ce moment l’exposition « La Vie Moderne, images d’une époque :
1830-1914 ».
Ce siècle de profonds bouleversements voit l’emmergence de
la classe bourgeoise, qui investit alors la vie parisienne.
Au XIXème siècle, l’art évolue dans le carcan des institutions académiques : Ecoles des Beaux-arts,
Grands Prix de Rôme …
Les artistes en vue exposent au Salon, objets de toutes les passions. L’artiste qui y est refusé peut
voir sa carrière brisée ( on recense même parait-il…quelques cas de suicide !!!). Les sujets abordés sont très majoritairement historiques ou mythologiques (au menu, héros musclés et déesses
dénudées).
Comment alors être de son temps ?
Certains artistes choisissent de se tourner vers la « scène de genre » et trace un
quotidien et un mode de vie loin des héros grecs, dans un monde très hiérarchisé mais néanmoins doucement frivole. Ce goût prononcé pour les images se dévoile ici à travers une centaine de
reproductions, sélectionnées en grande parties dans le catalogue de la maison Goupil.
En guise de décor, un pays en plein changement : révolution industrielle, exode rural,
guerres…
Et surtout un regard (qui m’a semblé amusé…) sur la bourgeoisie : Leçon de piano, portraits de
famille, goût pour l’exotisme, ballades en calèche et starlettes apprêtées.
Sous ses airs délicieusement désuets, cette exposition nous questionne subtilement (ou
cruellement ?) sur des thèmes, qui en sortant de la salle nous semble finalement très actuels : bourgeoisie décomplexée – le terme est à la mode –, lutte des classes, effervescence du
quotidien urbain…
Et comme un refrain lanscinant, celui de notre interminable course après la
modernité.
Jusqu'au 3 février..